Mots-clés

Shuni

Publication

Montréal, Québec : Mémoire d’encrier, 2019

Biographie de l’auteure

Naomi Fontaine est Innue de Uashat. Elle a publié Kuessipan en 2011 chez Mémoire d’encrier. Adapté au cinéma en 2019, Kuessipan a connu un véritable succès. Son deuxième roman Manikanetish, publié en 2017 (Mémoire d’encrier), raconte son expérience d’enseignante à l’école Manikanetish et a été acclamé par la critique. Shuni est son troisième livre.

Naomi Fontaine
Photo: Louis-Karl-Picard-Sioui, Kwahiatonhk

Contextes et lieux de l’histoire

Il y a 10 nations autochtones et une nation inuit au Québec. Les Autochtones du Québec appartiennent à deux familles linguistiques et culturelles :

Algonquienne

  • les Waban-Aki (Abénaquis)
  • les Anishinabeg (connus aussi sous le nom Algonquins, terme que la communauté ne préfère pas utiliser),
  • les Attikameks
  • les Eeyou (Cris)
  • les Wolastoqiyik (Malécites)
  • les Mi’gmaqs (Micmacs)
  • les Innus et les Naskapis

Iroquoïenne

  • les Hurons-Wendats
  • les Kanien’kehá:ka (Mohawks)
Shuni-Carte1

Les premières nations et les Inuit du Québec.

Source

Le terme Autochtones est général. Il désigne les Premières Nations, les Métis et les Inuit. Les Inuit forment un groupe ethnique distinct. Il n’existe aucun lien entre les mots innu et inuit.

Shuni-Carte2

Villages du Nitassinan avec la localisation de Uashat, dont est originaire Naomi Fontaine.

Source

Les Innus désignent leur territoire ancestral et traditionnel sous le nom de Nitassinan qui signifie « notre terre » en innu-aimun. Le rapport qu’entretient le peuple innu avec la nature est d’ordre spirituel. Les Innus n’entretiennent pas un lien de propriété avec le territoire, ils en découlent comme une continuité, ils font partie intégrante du territoire qui leur a été donné par le Créateur. Le peuple innu est originellement un peuple nomade de chasseurs, pêcheurs et cueilleurs de fruits. Leur mode de vie est fortement lié au rythme des saisons. À cause de politiques du gouvernement et de l’exploitation minière, forestière et hydroélectrique, leurs territoires de chasse ont été spoliés et les populations animales diminuées. Les Innus ont commencé à se délocaliser et à se sédentariser le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent et à l’intérieur des terres. 

Bien que l’innu-aimun soit la langue première parlée par la majorité de la nation innue, la langue est menacée d’extinction dans les années à venir : « elle n’est par contre plus parlée dans la communauté d’Essipit et en danger d’extinction dans celle de Mashteuiatsh au lac Saint-Jean où il ne reste qu’un cinquième de la population qui parle encore la langue maternelle. » Leur langue seconde est le français. Le rapport complexe et parfois contradictoire à la langue française est abordé à plusieurs reprises dans Shuni

L’oeuvre d’An Antane Kapesh écrite en innu-aimun, Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshi-manitu innushkueu, est donc fondamentale dans la culture du Québec en tant que garante de la mémoire. 

“À présent que le Blanc nous a enseigné sa façon de vivre et qu’il a détruit la nôtre, nous regrettons notre culture. C’est pour cela que nous songeons, nous aussi les Indiens, à écrire comme le Blanc. Et je pense que, maintenant que nous commençons à écrire, c’est nous qui avons le plus de choses à raconter puisque nous, nous sommes aujourd’hui témoins des deux cultures. Le Blanc dit vrai quand il dit : « L’Indien n’a pas de livres.» C’est vrai, l’Indien n’a pas de livres mais voici ce que je pense: chaque Indien possède des histoires dans sa tête, chaque indien pourrait raconter la vie que nous vivions dans le passé et la vie des Blancs que nous vivons à présent, il pourrait dire à quel point le Blanc nous a trompés depuis que c’est lui qui nous administre. À mon avis, aujourd’hui c’est plutôt à nous qu’il revient de prendre la parole dans les journaux et à la télévision parce qu’ici, dans notre territoire, il n’y a aucun Blanc qui sache mieux que l’Indien comment les choses se passaient avant l’arrivée du premier Blanc dans le Nord.”

An Antane Kapesh, Eukuan nin matshi-manitu innushkueu / Je suis une maudite Sauvagesse, Mémoire d’encrier, 2019, p.35
An Antane Kapesh

An Antane Kapesh, née en 1926, première auteure innue, mère de huit enfants, a vécu en nomade jusqu’en 1953 lorsque le gouvernement déracine sa famille de ses terres. Eukuan nin matshi-manitu innushkueu / Je suis une maudite Sauvagesse est son grand livre où elle dénonce la colonisation des Premières Nations.

Photo: Courtoisie famille André

Le livre a d’ailleurs été préfacé et édité par Naomi Fontaine 1 1 La colère d’An Antane Kapesh, toujours aussi pertinente 43 ans plus tard .

La culture innue est orale. La méthode de diffusion informative est différente des récits officiels. Comment rendre l’oralité légitime face à la machine de l’Histoire qui ne se fie qu’aux traces écrites (mais aussi choisies, sélectionnées…) par les dominants?

Dans les cultures orales, il manque une historiographie écrite, à la ma-nière du récit dominant. C’est donc en faisant acte de littérature que Naomi Fontaine vient poser les fondements de sa culture. Ce livre vient répondre à la narrativisation de la mémoire, à la nécessité d’archiver l’individualité face à l’Histoire se réduisant à des statistiques. D’ailleurs, Naomi Fontaine se réfère tout au long de son récit à ceux et celles qui ont littéralement marqué leur culture en citant An Antane Kapesh, Rita Joe, Louis-Karl Picard Sioui, Natasha Kanapé Fontaine, Joséphine Bacon, Thomas King, Jean Sioui.

Pour savoir plus : LA LANGUE INNU-AIMUN

Shuni-Carte3

Vitalité de la langue innu-aimun

Source

Résumé du livre

Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Shuni (Julie), une jeune Québécoise venue dans sa communauté pour aider les Innus en tant que missionnaire. Elles se sont connues en fants dans la réserve d’Uashat où vivait la première et où le père de la seconde, pasteur, a travaillé pendant treize ans auprès des Autochtones 2 2 Des impacts dévastateurs .

Naomi Fontaine convoque l’Histoire à travers une série d’anecdotes, donnant visage à sa communauté victime de statistiques qui d’ailleurs se contentent de chiffrer le niveau scolaire, la toxicomanie, les agressions, l’alcool, le suicide. Surgissent les visages de la mère, du père, de la grand-mère et d’autres personnes de sa communauté ayant nourri son enfance. Parallèlement à Shuni, elle s’adresse à Petit ours, son fils, symbole de l’avenir, qu’elle tente d’armer contre les préjugés profondément ancrés, à travers l’amour et le renforcement de soi.

Les paysages de Uashat défilent tout au long du récit, fragmentés, radieux. Naomi Fontaine raconte le doute et la douleur qui minent le cœur des colonisés, le quotidien alourdi par leur société en mutation, l’impossible combat d’être soi, la difficulté de déconstruire des préjugés reposant sur un système raciste et les lois qui ont officialisé cela. En s’adressant directement à son amie Julie tout au long du texte, nous comprenons que Naomi Fontaine dresse ici un avertissement généralisé à ceux voulant aider sa communauté sans la connaître réellement.

En effet, Julie revient à Uashat, cette fois en tant que missionnaire, répétant la posture de son père, et venant ainsi répéter une dynamique de colon-colonisé. Malgré les bonnes inten-tions, se mettre dans une position d’aidant vient alimenter un système dénigrant les commu-nautés autochtones comme pouvant être autodéterminées. Avant d’aider, il faut connaître les petites histoires et la grande Histoire. Aussi, elle emmène Julie dans son intimité, en lui narrant des souvenirs personnels et de famille, mais aussi en dévoilant toute sa vulnérabilité, son senti-ment d’infériorité en tant que colonisée, sa blessure intergénérationnelle, ses craintes pour son fils, son rapport complexe avec la langue française.

Naomi Fontaine transcende et sublime la douleur qu’elle porte par un message d’amour. Elle finit d’ailleurs sa lettre sous l’égide de l’amour et de la réconciliation, unique solution envisa-geable et durable.

Thème 1 : Le territoire

La question du territoire est centrale dans l’œuvre de Naomi Fontaine. Qu’est-ce que représente le territoire pour la nation innue ?

Question essentielle de la thématique

Démarche pédagogique en classe

Séparer la classe en trois groupes. Demander à chaque groupe de se poser les questions suivantes :

  • qu’est-ce que ce mot territoire évoque pour vous ?
  • choisissez cinq mots qui vous semblent les plus évocateurs lorsqu’on parle de territoire.
  • mettre en commun avec la classe.

Expliquer aux élèves que les termes réserve, communauté et territoire ne sont pas interchangeables.

Réserve

« Parcelle de terrains dont Sa Majesté est propriétaire et qu’elle a mise de côté pour l’usage et au profit d’une bande indienne, reconnue comme telle selon cette même loi ». La réserve est donc avant tout un statut légal. Les Autochtones vivant dans les réserves font face à des pro-blèmes, car ils sont limités quant à leur pouvoir politique et économique. Le système éducationnel est défavorable, car il ne prend pas en compte les principes d’apprentissage des peuples autochtones :

« la création de réserves constituait surtout un moyen de concentrer les Autochtones dans un lieu restreint, de les évangéliser, d’éduquer leurs enfants en les expédiant dans des pensionnats et de tenter de les intégrer au mode de vie des Européens en les assimilant et en leur apprenant les rudiments de l’agriculture. Le but ultime était de transformer ces réserves en municipalités 3 3 Chronique juridique : les réserves indiennes, ces terres de Sa Majesté » ».

Les infrastructures limitent la mobilité géographique et ostracisent ainsi ces communautés du reste du territoire. Les problèmes de santé (maladies du cœur en hausse, diabète, obésité, cancer, alcoolisme, toxicomanie) y sont plus fréquents.

Voir l’article en bas de page très détaillé sur les problèmes de santé dans les réserves.0 4 4 Affaires indiennes et du Nord Canada, Santé physique
Voir aussi cet article expliquant la réalité derrière les réserves.

Communauté

La communauté désigne les différents groupes d’Autochtones. On compte 55 communautés au Québec vivant dans des réserves mais au-jourd’hui beaucoup d’Autochtones vivent en dehors de ces réserves.

Voici une carte montrant les 55 communautés en détail.

Territoire ancestral

Une étendue sur laquelle vivent les peuples autochtones depuis longtemps, bien avant l’arrivée des colons 5 5 L’Encyclopédie canadienne, « Territoire autochtone ».

Sa surface dépasse la réserve, ses limites sont naturelles et parfois tracées selon les ressources disponibles. Chaque peuple autochtone possède sa propre vision du territoire, mais un des points communs est le lien spiri-tuel qu’ils entretiennent avec leurs terres.

Chaque peuple a sa propre dénomination pour son territoire. Il est impor-tant de le mentionner, car la terminologie définit une part de notre identité (faire le lien avec le titre, qui est Shuni non pas Julie).

Chez les Inuit, on parle de Inuit Nunangat, ce qui signifie « terres, eaux et glaces du peuple ».

Chez les Innus, on parle de Nitassinan, ce qui signifie « notre terre ».

Faites des recherches sur le lieu où vous habitez :

  • Quel territoire autochtone habitez-vous ?
  • A-t-il un nom ? Qui sont les peuples présents ?
  • Que connaissez-vous d’eux ?

Voir ce poème de Joséphine Bacon extrait de Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat :

Je suis libre
Sur la terre de Papakassiku 6 6 Dans la cosmogonie innue, Papakassiku est le maître des caribous.
Je suis libre
Dans les eaux de Missinaku 7 7 Le maître des animaux aquatiques.
Je suis libre
Dans les airs où Uhuapeu 8 8 Le maître des oiseaux. trace une vision
Je suis libre là où Uapishtanapeu 9 9 Le maître des animaux à fourrure.
Conserve le feu de mon peuple
Je suis libre
Là où je te ressemble (p.52)

Comment comprenez-vous la corrélation entre liberté et territoire ?

Joséphine_Bacon_au_festival_Manitou_2017

Joséphine Bacon est une poète innue originaire de Betsiamites. Chez Mémoire d’encrier, elle a écrit son pre-mier recueil Bâtons à message / Tshissinuatshitakana (2009). Toujours chez Mémoire d’encrier, elle a publié en collaboration avec José Acquelin Nous sommes tous des sauvages (2011) et Un thé dans la toundra / Nipisha-pui nete mushuat (2013, Finaliste au Prix du Gouverneur général et Finaliste au Grand Prix du livre de Montréal). Son plus récent recueil, Uiesh • Quelque part (2018), lui a valu le Prix des libraires 2019.

Photo: Benoit Rochon.

« Les voyageurs faisaient un dernier signe de la main avant de s’enfoncer dans la forêt. Ils se dirigeaient droit vers leur chalet, sans se retourner. Souvent, il n’y avait pas d’indications, tout juste un passage broussailleux entre les arbres. Seuls ceux qui ont habité ces territoires auraient pu s’y retrouver. » À votre avis, comment expliquer cette forme d’évidence, cette attitude certaine face au territoire ?

« Et toi Julie, sais-tu reconnaître les pistes du lièvre ? Sais-tu lire le temps qu’il fera sur les feuilles des arbres? Sais-tu entendre, au-delà de la souffrance qui est visible, le pouls d’un cœur qui s’accélère pour continuer à battre? » (p. 31)

  • Quel rapport entretient la narratrice avec la nature et, par extension, les Innus avec la nature ?
  • En quoi l’identité est-elle liée au territoire habité ? 
  • Quel savoir autochtone est mis en valeur ici ? 

Relevez des extraits où le territoire observé par Naomi Fontaine est en mutation. Qu’est-ce que ce changement implique pour la communauté ? Comment Naomi Fontaine se sent-elle face à cela ? 

Sauriez-vous nommer la flore sur votre territoire ? Organiser une sortie en nature et demander aux élèves de décrire ce qui les entoure. 

Engagez un projet de recherche en groupe. Identifiez d’autres exemples de territoires en mutation. Présentez-les à la classe. Vous sentez-vous personnellement concerné ? Quel exemple vous interpelle le plus ? Pourquoi ? 

Écoutez cette chanson interprétée par Chloé Sainte-Marie, une chanteuse québécoise qui a appris l’innu-aimun avec Joséphine Bacon, une poète innue de Betsiamites.

  • Connaissiez-vous certaines de ces villes citées ? Saviez-vous que toute cette toponymie était autochtone ? 
  • Trouvez-vous cette chanson intrigante ? Si oui, pourquoi ? 

Lorsque vous rentrez de voyage, qu’est-ce qui vous fait sentir à la maison ? (par exemple : l’odeur, les couleurs, le tapis à l’entrée, le bruit que fait le plancher, la sensation que vous êtes heureux, anxieux dès que vous franchissez le seuil, etc.) Est-ce un lieu que vous sentez profondément connaître et reconnaître ? Quel rapport entretenez-vous avec votre maison ? 

Thème 2 : La tradition orale

Naomi Fontaine présente les obstacles afin de reconnaître la légitimité de connaissances non scientifiques, non retranscrites, fruits d’une culture orale, comme le démontre la conversation entre le grand-père et le commissaire. Elle dévoile aussi la nécessité d’un décentrage des connaissances dites légitimes, en se tournant vers celles axées sur la nature, les sensations et les émotions. 

La tradition orale était le moyen de transmettre la culture d’une génération à une autre, cette tradition peut comprendre des poèmes épiques, des prières, des discours, des enseignements spirituels, des chansons, des récits et des histoires. 10 10 Perspectives autochtones : La tradition orale

En quoi le peuple innu est-il un peuple de tradition orale ? 

Question essentielle de la thématique

Démarche pédagogique en classe

En partant des pages 35 et 36, montrer l’impossibilité de dialogue entre le peuple innu et le gouvernement. 

  • Quelles connaissances présente le grand-père ? 
  • En quoi les réponses du commissaire démontrent-elles un refus des connaissances orales ? 
  • Quelle place occupe la petite-fille ? 

Le vieil homme

  • « Le vieil homme parle en innu-aimun avec un fort accent du nord »
  • « Il récite de mémoire les communications reçues du gouvernement »
  • « Il raconte cela avec précision, à la manière d’un greffier »
  • « Je n’ai jamais travaillé avec du papier. J’ai toujours travaillé avec ma tête »

La petite-fille

  • « Sa petite-fille le traduit »
  • « La petite-fille traduit la question à son grand-père »
  • « La petite-fille traduit la réponse au commissaire »

Le commissaire

  • « Un commissaire […] lui demande avec un fort accent anglais »
  • « Pouvez-vous donner les dates auxquelles les évènements que vous relatez se sont produits? »
  • « Avez-vous une idée approximative de la période à laquelle ces évènements ont eu lieu? »
  • « Avez-vous des documents qui confirment votre témoignage? »

Lisez cet extrait de Bâtons à message Tshissinuatshitakana13 de Joséphine Bacon : 11 11 Mémoire d’encrier

« Les arbres ont parlé avant les hommes.

Tshissinuatshitakana, les bâtons à message, servaient de points de repère à mes grands-parents dans le nutshimit, à l’intérieur des terres. Les Innus laissaient ces messages visuels sur leur chemin pour informer les autres nomades de leur si-tuation. Ils plantaient deux morceaux de bois d’épinette blanche, plus ou moins courts, l’un à l’oblique de l’autre. Un bâton penché très près du sol contre un bâton vertical signifiait la famine, et son orientation désignait, comme une boussole, le territoire où ils se rendaient. Les tshissinuatshitakana offraient donc des occasions d’entraide et de partage. À travers eux, la parole était toujours en voyage.
Mon peuple est rare, mon peuple est précieux comme un poème sans écriture […]
Nous sommes un peuple de tradition orale. » (p.7-8)

  • Quel est le rapport entre le langage et la nature ?
  • Comment comprenez-vous l’expression : un poème sans écriture ?

Demandez aux étudiants de créer un poème visuel ou sonore. Si cela est trop abstrait, proposez aux étudiants de créer un calligramme (carnet de bord). Exemple de calligramme :

calligraphie-web-1
calligraphie-web-2

Le temps est un cercle, répète Naomi Fontaine à plusieurs reprises dans sa lettre. Après les recherches que vous avez préalablement faites, qu’est-ce que vous comprenez dans cette formulation ? Relevez des extraits dans le récit qui permettent d’illustrer cela. 

En quoi le style de Naomi Fontaine reprend-il certains éléments de la tradition orale ? Pourquoi la répétition est-elle un choix stylistique important ici ? Pareil pour l’absence de chronologie, en quoi cela renvoie à la notion temporelle du cercle ? 

Quel rôle jouent les aîné.es dans la tradition orale ? Si la situation le permet, organisez une rencontre avec un ou une aînée ou gardienne du savoir autochtone afin qu’elle raconte aux élèves l’histoire de la création. 

Thème 3 : Le souvenir

En quoi l’écriture de Naomi Fontaine est-elle sensorielle ? 

QUESTION ESSENTIELLE DE LA THÉMATIQUE

Démarche pédagogique en classe

« Dans une langue ancienne que je n’avais jamais entendue, celle de la forêt, il a commencé à me parler : c’est ici que je suis né. Sous une tente. Je ne peux pas me rappeler les premières années de ma vie parce qu’elles sont loin, mais je me rappelle le feu dans le poêle à bois posé sur des briques. L’odeur du sapin et la voix de ma mère qui chante un cantique. Je suis né au printemps. » (p. 27) 

Décrivez l’ambiance de cet extrait. En quoi la notion du temps est-elle sensorielle ? Que signifie la langue de la forêt selon vous ?

Avez-vous des souvenirs que vous rattachez à des saisons ? Par exemple, quel souvenir rattachez-vous à l’hiver ? 

Décrivez un souvenir à partir de vos cinq sens. Par exemple, lorsque j’allais en vacances chez mes grands-parents, il y avait toujours une bonne odeur de café dans toute la maison le matin. Ma grand-mère préparait un gâteau à l’orange qui goûtait fort la noix de muscade. Je me souviens des chaises en osier dans la cuisine qui piquaient les jambes.

Présentez aux élèves différents éléments aux odeurs particulières (par exemple : une branche de sapin, un bout de cuir, un bâton de cannelle, une gousse de vanille, etc.). 

Demandez aux élèves de se diriger vers l’élément le plus parlant pour eux. Une fois que les groupes sont formés selon l’odeur préférée, demandez aux élèves de créer un portrait de l’élément à travers des souvenirs évoqués par chacun.   

Thème 4 : Le cercle

Il est intéressant de noter la conception du temps, que présente Naomi Fontaine, qui vient contrecarrer la vision temporelle linéaire à laquelle nous sommes habitués dans le monde occidental. Le temps est une construction sociale qui n’est pas une forme neutre, mesurable et linéaire, mais change en fonction des pratiques sociales et des expériences humaines. 

« Le temps des sociétés euroaméricaines est un temps linéaire, un temps qui se découpe en un passé, un présent et un futur. Tout ce qui est passé est inférieur à ce qui va venir, puisqu’il faut progresser. Mais personne ne sait réellement vers où cet ordre linéaire nous emmène. En revanche, pour les sociétés autochtones, le passé n’existe pas réellement, ni le futur ; il n’y a que le présent, un présent continu, dans lequel l’ordre de la vie doit être maintenu. »

Georges Sioui 

Que représente le cercle dans la culture innue ?

Question essentielle de la thématique

Démarche pédagogique en classe

Divisez les élèves en groupes. Chaque groupe choisira une nation autochtone et fera des recherches sur la symbolique du cercle. Mettre en commun ce qui a été trouvé. (Il y aura beaucoup de similarités, ce qui appuie l’idée du cercle.) Importance du cercle.

Pour cette question, invitez les élèves à faire des recherches avant de répondre afin de ne pas se fonder sur des préjugés. Que connaissez-vous des problèmes d’alcoolémie dans les communautés autochtones ? En revenant sur le récit de Jordan, qu’est-ce que cela montre quant à la notion du temps pour la communauté innue ? Comment la communauté célèbre-t-elle la guérison de Jordan ? 

Dans la culture innue, l’ours s’appelle NIMUSHUM, ce qui signifie Grand-Père. Que représente l’image de Petit ours ? Pourquoi utilise-t-elle le futur quand elle s’adresse à son fils ?

Cette activité trouverait bien sa place après avoir discuté toutes les thématiques en classe ! Divisez les élèves en petites équipes. Demandez à chaque équipe de dessiner un cercle et de le décorer avec ce qu’ils retiennent de la lecture de Shuni et ce qu’ils ont appris à travers les discussions. Possibilité de garnir avec des images ou objets en lien avec les thématiques cycliques abordées (la guérison, la chasse, les saisons, les générations).

Thème 5 : Le genre épistolaire 

Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Julie, en lui racontant des souvenirs, l’histoire de sa communauté et de son territoire. Il s’agit donc d’un récit épistolaire, qui traditionnellement, est une correspondance entre deux entités. La fonction d’un récit épistolaire est de multiplier les voix, les points de vue, à travers une double énonciation. 

Dans le cas de Shuni, l’auteure fait le choix de n’exposer que son point de vue, donc d’adopter le genre épistolaire à une voix. Cela permet de recentrer la narration sur le vécu de la narratrice, mais aussi, de revenir sur des moments du passé en posant un regard nouveau, voire de tenter la réécriture. L’écriture investit la réalité. Elle permet de prendre du recul par rapport à des évènements et de mieux les interroger par la suite. L’écriture épistolaire est aussi une ouverture à l’autre, une confidence au destinataire, dans un cadre sécuritaire.

Support audio pour l’enseignant 

« Promets-moi de m’écouter », avec Jessica Janssen, Balado Lire en relation #3 disponible ici.

Prendre la parole pour quelqu’un de colonisé, qui a vu sa « parole souillée » (p. 16) devient un acte de résistance, donc politique. C’est en s’écrivant que Naomi Fontaine s’enracine dans l’Histoire, en inscrivant sa parole sous forme de lettre qu’elle vient équilibrer un rapport de force et tenter ainsi une relation plus saine et durable avec le colon. 

Pourquoi Naomi Fontaine a-t-elle choisi la forme épistolaire ? 

Question essentielle de la thématique

Démarche pédagogique en classe

Comment avez-vous perçu la relation entre la narratrice et Shuni ?

« Permets-moi de te dire tout ce que tu dois savoir, Julie. » (p.14)
« Laisse-moi te raconter comment cela a commencé. » (p.15)
« Laisse-moi te dire une chose encore mon amie. Si tu veux vraiment
aider les Innus… » (p.71)
« Shuni, je veux que tu saches ici… » (p.115)

Pourquoi est-il important que Julie apprenne sur la communauté innue avant de venir travailler sur la réserve ?

« Pour aider, il doit y avoir des gens qui vivent dans le besoin. » (p.69)

Quelles conséquences peut avoir le travail de Julie dans la communauté ?

« Elle m’a dit qu’une amie québécoise qui l’accompagnait l’avait interrompue à plusieurs reprises pour redire et ajouter à ses propos. » (p. 131)

Dans un cadre qui se veut bienveillant, en quoi ce comportement est-il problématique ?

Donnez des exemples d’autodétermination dans la vie quotidienne.

Thème 6 : L’autodétermination

« L’idée qu’elle [la Première Nation] se fait de son territoire traditionnel sera de toute façon plus détaillée et spécifique que tout ce que le gouvernement canadien pourra définir. Les gouvernements des Premières Nations et leurs bureaux de gestion des terres définissent leurs territoires traditionnels en fonction des connaissances et des récits transmis par les anciens et les membres de la communauté. La communauté est la meilleure source d’information pour tout ce qui concerne son propre territoire (voir Autonomie gouvernementale des Autochtones). 12 12 L’Encyclopédie canadienne, « Territoire autochtone ».  »

Quelle est l’importance de l’autodétermination pour les peuples autochtones ? 

Question essentielle de la thématique 

Démarche pédagogique en classe 

Comment avez-vous perçu la relation entre la narratrice et Shuni ? 

« Permets-moi de te dire tout ce que tu dois savoir, Julie. » (p.14)
« Laisse-moi te raconter comment cela a commencé. » (p.15)
« Laisse-moi te dire une chose encore mon amie. Si tu veux vraiment aider les Innus… » (p.71)
« Shuni, je veux que tu saches ici… » (p.115)

Pourquoi est-il important que Julie apprenne sur la communauté innue avant de venir travailler sur la réserve ? 

« Pour aider, il doit y avoir des gens qui vivent dans le besoin. » (p.69) 

Quelles conséquences peut avoir le travail de Julie dans la communauté ? 

« Elle m’a dit qu’une amie québécoise qui l’accompagnait l’avait interrompue à plusieurs reprises pour redire et ajouter à ses propos. » (p. 131) 

Dans un cadre qui se veut bienveillant, en quoi ce comportement est-il problématique ? 

Donnez des exemples d’autodétermination dans la vie quotidienne. 

Thème 7 : Déconstruire les préjugés

Naomi Fontaine critique à plusieurs reprises la déshumanisation du peuple autochtone à travers les statistiques. De fait, ces chiffres ne peuvent matérialiser la réalité vécue ou restituer l’exactitude de la douleur d’un peuple. L’Histoire se traite à travers les recensements et la documentation, elle est le produit d’une réflexion extérieure. En d’autres termes, l’Histoire objective n’est pas l’Histoire de tous. 

C’est en faisant passer l’Histoire du côté de l’intime, donc du récit personnel, que l’on peut contrer le discours dominant et imposé, et restituer ainsi vérité et justice. C’est pourquoi, outre son propre récit, Naomi Fontaine revient sur des souvenirs avec sa tante Rose-Aimée dont la mémoire n’a pas de fond, sa grand-mère ou avec Jordan, etc. Naomi Fontaine apporte une perspective humaine à un problème systémique, en donnant visage aux statistiques. 

Extrait d’un entretien avec Naomi Fontaine paru dans Le Devoir 

« Je sais que ce n’est pas toujours de la mauvaise foi, que les journalistes manquent de temps pour se rendre dans les communautés, alors ils vont prendre ce qu’ils ont sous la main pour essayer de comprendre une réalité. Mais on ne nous connaît pas ! C’est ça, Shuni : c’est un livre pour apprendre à nous connaître, sans passer par les recherches, par l’anthropologie. Les gens ne savent pas à quel point ça peut être pesant tous ces raccourcis sur ma culture, sur mon peuple, que permettent les statistiques. C’est pas que je suis agacée, c’est que c’est pesant. 13 13 Le Devoir,
« Un livre vaut mille statistiques ».
»

Comment déconstruire les préjugés touchant une communauté ? 

Question essentielle de la thématique 

Démarche pédagogique en classe

« Les statistiques sont la manière la plus simple de dépeindre les nations. La plus commode, Par conséquent, la plus utilisée. J’ai grandi imprégnée de statistiques sur mon peuple. » (p.21) « Et maintenant Julie, je t’écris pour te parler de qui nous sommes. Et la première chose qui me vient en tête ce sont les statistiques. Comment s’en défaire? Comment défaire de si petites choses aussi solides. Diseuses d’avenir. Inhumaines. » (p.22) « Mais je suis innue. Cette blessure sur mon visage n’était pas seulement la mienne, elle appartenait aussi à ma nation […] Dans un groupe, on ne m’appelle pas par mon nom. On dira l’Indienne, l’Innue, l’Autochtone. Si je tombe, c’est tous les autres qui tombent avec moi. » (p.110)

  • En quoi les statistiques sont-elles une méthode de déshumanisation ?
  • Naomi Fontaine emploie « mon peuple » et « ma nation ». Qu’est-ce que ces termes évoquent pour vous ? Les utilisez-vous ? Sentez-vous que vous appartenez à un peuple ? À une nation ? 

« T’écrire au nom de ce nous, c’est aussi me rappeler que ce nous n’existe que dans les discours. Chez moi, tu verras l’ensemble de l’identité innue, mais tu ne nous connaîtras réellement que lorsque l’ensemble s’effacera. »

Trouvez-vous qu’il est plus pertinent d’apprendre l’Histoire à travers les récits individuels ? Pourquoi ?

Visionnez ce court documentaire avec les élèves.

Quelles sont les réactions ou les sensations que les préjugés auxquels font face ces élèves suscitent en vous ? Pourquoi ressentez-vous cela ? Donnez des exemples d’autres situations où vous avez ressenti la même chose.

Quelles stratégies pourriez-vous adopter afin de vous sentir bien dans ces moments difficiles ? Si un de vos camarades faisait face à ces préjugés, quels comportements devriez-vous avoir ? 

Faites des recherches sur l’importance de la musique pour le bien-être de la personne dans les nations autochtones. Présentez à la classe une chanson que vous avez particulièrement aimée.  

« Julie, n’es-tu jamais entrée dans un lieu, un évènement, une ville ou un pays et tu réalises rapidement que tu es étrangère. » (p.56) 

Naomi Fontaine parle du sentiment d’infériorité qui l’a accompagnée dans sa vie et qui est difficile à déconstruire. Comment entendez-vous le sentiment d’infériorité ?

Thème 8 : Une conception autre du féminisme

Naomi Fontaine revient sur des notions trop souvent théoriques et intellectuelles, notamment la question du féminisme. Elle propose sa vision du féminisme comme étant intrinsèque à sa culture innue, n’ayant pas besoin de discours formels et académiques. C’est donc une autre vision du féminisme qu’elle nous présente, moins ethnocentrée et plus proche de la réalité des femmes innues.  

Y a-t-il plusieurs formes de féminisme ? 

Question essentielle de la thématique 

Démarche pédagogique en classe

Quelle place occupe la femme dans la communauté ? Relever des éléments dans le récit montrant la place qu’elle occupe au niveau communautaire et familial. 

En quoi les saisons influent-elles les rôles femmes-hommes ?

« Je peux bien te l’avouer à toi, Shuni, je ne suis pas féministe. Je ne ressens pas le besoin de me défendre en tant que femme. On ne m’a pas éduquée ainsi. » (p.112) 

Comment comprenez-vous la position de Naomi Fontaine ? 

« Ce qu’ils ignorent, c’est qu’un enfant n’a jamais gâché une vie. » (p. 116) À votre avis, à qui ce ils fait-il référence ? 

Débat. Les quatre coins de la classe serviront à représenter les opinions de chaque élève selon le niveau d’accord ou de désaccord. Les élèves sont invités à exprimer leurs opinions avec respect et à argumenter s’ils se sentent à l’aise. Ils peuvent se déplacer s’ils changent d’avis.

Êtes-vous d’accord avec la vision que Naomi Fontaine a du féminisme ? 
ou
Pensez-vous qu’il y ait plusieurs féminismes ? 

Shuni-chart

À la fin de ce débat, demandez aux élèves de remplir ce document afin qu’ils puissent réfléchir à ce qui a été dit.

Thème 9 : La chasse

Pourquoi la chasse occupe-t-elle une place importante chez les peuples autochtones ? 

Question essentielle de la thématique 

Démarche pédagogique en classe 

Afin d’ouvrir la discussion autour de la chasse, inviter les élèves à visionner cette capsule de Melissa Mollen Dupuis :

play

Visionnez un extrait de Je m’appelle humain (scène du caribou à partir de 47:20) 14 14 ici.tou.tv, « Je m’appelle humain ». ainsi qu’un extrait de Kuessipan 15 15 Kuessipan (scène des capelans à partir de 0:50).  

  1. Quelles sont vos premières impressions après avoir visionné ces deux scènes ? Qu’avez-vous ressenti en les regardant ? 
  2. Quelles ressemblances et dissemblances voyez-vous entre les deux scènes ? 
  3. Faites des recherches sur les principes autochtones de la chasse. Trouvez-vous que ces scènes reflètent ces principes-là ? 
  4. Avez-vous déjà pratiqué la chasse ? Comment la chasse est-elle perçue dans votre communauté ? 

Thème 10 : Vers une réconciliation

Citation extraite du guide pratique pour la réconciliation avec les Autochtones : « Le terme “réconciliation” implique que les parties ont déjà formé une seule entité, qu’elles ont vécu une rupture et qu’elles doivent maintenant être réunies. Mais ce n’est pas le cas dans le contexte colonial. Les relations entre les peuples autochtones et les peuples colonisateurs au Canada ont été marquées par la rencontre de nations, où l’une a progressivement été opprimée et marginalisée. Les peuples autochtones n’ont jamais accepté le déni de leur souveraineté, de leur culture ou de leur identité. Ainsi, dans le contexte canadien, la réconciliation doit être une réconciliation qui transforme les relations et non une réconciliation qui rétablit les relations originales. » 16 16 La réconciliation avec les peuples autochtones : une approche holistique (PDF)

La lettre qu’adresse Naomi Fontaine à son amie Julie est avant tout une lettre d’amour, d’ouverture, et un appel à la réconciliation. 

En quoi Shuni est-il un appel à la réconciliation ?

Question essentielle de la thématique

Démarche pédagogique en classe 

« Si l’amour de soi est la seule porte par laquelle une relation entre deux personnes peut être véritable. Alors, l’affirmation de sa culture précède l’ouverture à l’Autre. » (p. 142) 

Quels sont les procédés auxquels Naomi Fontaine a recours, tout au long de sa lettre, pour contribuer à l’affirmation de sa culture ? (Renvoyer les élèves, entre autres, aux auteurs auxquels Naomi Fontaine fait référence, au début de ses chapitres.)

« Ce sont nos grands-parents qui t’appelleront Shuni les premiers […] Ils innuiseront ton nom. Comme longtemps les missionnaires ont francisé les nôtres. » (p. 39)

  • Quel renversement de valeur opère ici ? 
  • En quoi le titre du livre est-il une réappropriation culturelle ? 

« Ce n’est pas naturel d’écrire dans une langue coloniale, et de l’aimer. » (p. 82) 

Introduire le concept d’exophonie aux élèves. En quoi est-ce un geste d’ouverture et d’amour ?

Exophonie : l’acte d’écrire dans une langue qui n’est pas sa langue première : « l’écriture exophonique émerge aussi de contextes postcoloniaux et décoloniaux. Si le mutisme se fait souvent première réponse des tremblements de celles.ceux* qui ont connu l’oubli imposé de soi, certain.e.s auteurices* décident sans détour de se saisir des codes coloniaux assignés, les renversent en les utilisant pour dire ce qu’ils ont toujours réduit à néant. Se réapproprier la langue impériale et s’en servir contre elle, la refuser d’une certaine façon, en exhibant ce qu’elle a à chaque instant menacé. » 17 17 Colloque : Sillonner pour dé/former les brèches langagières: pratiques et existences exophoniques – Un/crossing language cracks : exophonic practices and realities (Montréal)

Quel est votre rapport à la langue française ? Est-ce que le français est votre langue première ? Sentez-vous votre langue première en danger ? 

Faites des recherches sur les pensionnats autochtones du Québec. Qu’avez-vous appris quant à l’apprentissage de la langue française dans les pensionnats? 18 18 À l’attention de l’enseignant, une étude montrant l’état des lieux des langues autochtones parlées en 2011   À votre avis, y a-t-il une hiérarchie de la langue ? 

Glossaire

Diglossie

Situation linguistique d’un groupe humain qui parle deux langues en leur accordant des statuts hiérarchiquement différents pour des raisons historiques et politiques. Une langue est dite supérieure, l’autre inférieure : « ce bilinguisme parmi les Autochtones scolarisés conduirait, au sein des communautés, à un état de “diglossie” généralisé, c’est-à-dire que la langue autochtone est davantage utilisée dans un contexte informel entre les membres de la communauté, tandis que la langue majoritaire est davantage utilisée dans les situations formelles qui exigent l’utilisation de l’écrit. » 19 19 L’enseignement du français chez les Premières Nations d’hier à aujourd’hui : défis didactiques, pratiques pédagogiques et compétence plurilingue

Autres définitions

Ressources

Lectures complémentaires 

Découvrir la culture innue 

Sur la question du féminisme

À regarder sur la conception du temps 

Crédits

L’Espace de la diversité reconnaît l’aide financière du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts de Montréal et de la Fondation Lucie et André Chagnon.

  • Coordination : Selma Guessous
  • Recherche et rédaction : Emné Nasereddine
  • Conseillère pédagogique : Murielle Cayouette, Conseillère pédagogique en éducation autochtone, Conseil Scolaire Francophone de la Colombie-Britannique
  • Révision linguistique : Monique Moisan
  • Conception graphique et mise en page : Alejandra Núñez
  • Édition : Yara El-Ghadban

Espace de la diversité

1260, rue Bélanger, bur. 201

Montréal, Québec, H2S 1H9

Tél. : 438-383-2433

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